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Lundi 12 octobre 2009 1 12 /10 /2009 19:38

Etendue sur le sol,

Julie agonise dans une impasse

Non loin d’une discothèque à la mode,

Repaire de dealeurs, la Pagode.
 

Elle souffre du temps qui passe,

Des couleurs d’son enfance qui trépassent…

Pourquoi fuit-elle donc son existence ?

Le chemin qu’à sa place on trace

Depuis longtemps l’agace.
 

Etudiante modèle, sourire d’vingt ans

D’une famille s’embourgeoisant aisément,

Elle se trouve perdue dans les plans

Qu’ont pour elle ses parents…

Brisant ses ailes,

Ne lui laissant le temps

De prouver ses talents.

 

Elle rêvait d’s’épanouir dans la poésie, le chant.

Elle rêvait théâtre, d’écrire des romans,

D’laisser sortir ses émotions,

Son tempérament.
 

Mais ses proches ignorent ses impulsions,

L’ont targués de voguer dans l’illusion

Pour la renvoyer à ses études d’économie gestion.

Julie ne s’trouva la force d’imposer sa volonté,

D’éviter la perdition

A ce tournant d’sa vie, elle craque…

Et quitte à s’gâcher la vie,

Choisit de la brûler par les deux bouts

Et se le dit : « Pourvu qu’j’en claque,

J’suis à bout de tout… »

  

Julie passe alors des p’tits amis  aux amants,

Du chocolat chaud aux martinis,

Des clopes aux calmants,

Du calme aux bruits

D’ces somnifères éphémères

Sous la lumière des pornos

Qu’elle tourne simplement pour l’argent.

Devient la groupie de n’importe qui,

Devient méconnaissable aux yeux d’ses parents.

Elle qui n’attendait d’eux qu’leur reconnaissance

N’obtenu que critiques, mépris et ignorance.

 

Puis est venue la rencontre d’une rock star locale

Qui l’initiera aux petits plaisirs du mal.

Voila comment elle le décrocha

Son rôle d’héroïne

Dans une descente aux enfers

Avec derrière l’arrière goût amer

D’l’a cocaïne…
 

L’héroïne, l’addiction et le manque

L’emporta dans la confusion,

L’emporta dans d’sales réunions

Ou les convives à sa déception

N’y sont pas pour des parties d’pétanques,

Mais plutôt pour combler le manque.
 

Pour un d’ces bads boys peu fréquentable

Patron détestable d’une boîte de strip

Elle éprouvera une fascination palpable.

Petite fille malléable

Du mafieux elle avalera le scénar de clip

Promesses, promesses, promesses…

Il a eu ce réflexe manipulateur

D’rendre à Julie son esprit rêveur.

La jeune fille hallucine car selon lui

Elle sera actrice,

Une figure des planches parisiennes…

Mais pour l’heure, coupées est cette scène.
 

L’homme en question l’a séquestré,

Coma LSD en tête d’affiche,

A soutiré ses papiers

Volé son identité,

En a fait sa propriété, son fétiche.
 

L’homme en question,

Des réseaux d’prostitution,

S’apprête à la déporter.

Cruelle désillusion qui malmène.

Crédule, elle s’est envolée pour Viennes


Voici l’histoire d’une fille disparue

D’son village Natal

Pour arriver sur les allées
De notre capitale,

Prostituée forcenée,
Perdue sa liberté.
Perdu son gré. 

 

Julie n’aura pas même atteint trente ans

Lorsqu’une ordure de client

Lui rendit sa liberté

Au cours d’une nuit de torture

Qu’elle soignera : seringue impure,

Overdose sure.
 

Son tortionnaire

S’en débarrassera sans effroi

Dans une ruelle du vieux Paris.

En étouffant ses cris,

Il l’assommera

La jettera sur les pavés

La laissera-la,

Et la remplacera…

 

Julie est livide,

Etendue sur le sol.

Le regard vide,

Etendue sur le sol.

Laissée là presque sans vie,

Etendue sur le sol.

Amer léthargie,

Etendue sur le sol.

Droguée, sombrant dans la folie,

Etendue sur sol.

S’est shootée toute la nuit,

Etendue sur le sol.

Terrible est le récit,

Etendue sur le sol, étendue sur le sol…

 

Cruelle destiné.

Par Abyss - Publié dans : Slam - Communauté : Passion Slam
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Mercredi 11 novembre 2009 3 11 /11 /2009 12:08

Nan, nan vous n’allez pas me croire, nan !

Ma femme m’a quittée il y a une heure.

Oui bon d’accord me connaissant ça vous le croyez déjà !

Mais j’en étais prêt à incendier Dieu en sa demeure !

Mais notre pote le très haut

N’est jamais au bureau !

Voyez, je franchis le parvis,

Pousse la grinçante porte en bois

Et à l’intérieur de l’église je m’introduis.

N’étant pas une espèce d’ordure

Plutôt respectueux de nature,

C’est un lieu public ici,

J’éteins ma clope dans le bénitier à l’entrée.

Trouvant une corde pendante près d’un pilier…

J’lui sonne les cloches.

HEY ! Tu descends,

Gueulais-je avec cœur

M’attendant à ce qu’on me réponde : « pour quoi faire ? ».

 

C’est là que j’aperçois son fils,

La tête de pioche sur l’dos d’qui tout le monde écrit !

Statique, stoïque, statufié, il me tend la main…

Je lui en sers une bonne le sourire en coin

Tout en demandant s’il ne lui reste pas une bière au frigidaire.

C’est bien le minimum que j’puisse espérer

D’quelqu’un qui se dit être mon frère!?

Sauf qu’il reste pieusement silencieux,

Digne fils de son père p’tit morveux!!

 

Soudainement une nonne me surprend,

S’approchant lentement en se dandinant.

« Alleluia mon vieux… oh Happy days !!! »

« J’sais, j’ai pas d’excuses! » lui dis je en ironisant !

« Que m’conseillez-vous? » lui dis je en continuant.

 

« En temps normal quelques « notre père » et « ave maria »,

Cependant il me semble que ceci n’vous comblera pas? »

 

J’acquiesce gentiment en prenant l’air tout sage…

Elle en profite et se rapproche davantage.

Elle me saisit aux épaules,

Et m’rétorque, me fixant droit dans les yeux

Une accroche inattendue :

 

«Que diriez-vous de quelques galipettes? »

 

Marie, Joseph, Jésus!

Je tombe dénue et ma mâchoire rampe sur le sol,

Mais… Mais qui l’eut cru ?

Mais… Mais vous êtes nonne!

Je n’m’attendais pas à entendre cette belle parole

Cependant la nouvelle m’est plutôt bonne !

Mais qu’est-ce qu’elle fait maintenant ?!

Elle retire ses vêtements, me dévoilant dès lors son corps d’idole.

Tout s’éclaire, peut-être suis-je en train de vivre une apparition !

En tout cas, j’vous préviens, tout ce qui suit est divin !

Elle presse de ses mains ma tête contre ses seins.

Ca c’est la rencontre du sein et de l’esprit !

Cette nonne est vraiment trop (bonne…) hors norme !

 

Une blonde aux yeux bleus ciel mariée à l’éternel,

La blanche hirondelle qui déploie ses ailes

S’excommunie des besoins trop longtemps refoulés de jeune demoiselle.

Sans que j’puisse dire ouf elle m’embrassa à pleine bouche comme une ouf…

Quand elle posa ses lèvres sur moi,

Ca m’embarrassa d’abord

Puis m’embrasa le corps,

Qu’y a-t-il donc de louche ?

Imaginez-vous encore une sœur Thérésa ?

Voyons, moi j’parle plutôt d’une Laetitia Casta !

 

Fichtre ! J’oubliais !! Jésus, il est resté là ?

Eh ! Fermes les yeux gars, faut pas que tu voies ça !!

Sœur Gabrielle s’allonge sur l’autel,

M’offre l’eucharistie avec le corps du clitoris.

J’lui dis : « Am(è)n(ne) » !

Ah je me sens comme un prophète capable de prouesses

En état de transe, d’intime communion, d’ultime pénétration.

Et lorsque nous allions atteindre la résurrection

Je fus invité à me retirer de la chapelle,

« Vos peines ne peuvent être exorcisées que par immaculée conception » M’a-t-on dit !

 

Dépité j’m’en vais tout d’même heureux

Vous comprendrez qu’au sujet de mon ex-femme j’me sens quand même bien mieux

Car bien repentis par la maîtresse des lieux.

J’ai rencontrée cette sage diablesse,

Vécu cette version unique de la messe!

Au moment de sortir,

J’ai jeté mon préservatif dans le bénitier

Priant de ne jamais m’faire confesser

De cette manière par un curé.

Mais les voies du seigneur sont impénétrables,

Quoique, pas certaines…

 

Abyss.

Par Abyss - Publié dans : Slam - Communauté : Passion Slam
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Vendredi 4 décembre 2009 5 04 /12 /2009 01:18

Cette nuit je ne dors pas,

Cette nuit je pense à toi.

Vois-Tu ? Quand ça ne va pas,

Je ne saurai pourquoi,

 

Pour aller mieux,

Je cherche dans ma mémoire.

Je lève les yeux,

Vers une étoile d’espoir.

 

Cette étoile fut fuyante,

Ephémère mais spectaculaire.

Une source d’énergie étonnante,

Comme nuit devient jour sous l’éclair.

 

A sa poursuite, je me suis envolé

A marcher sur la lune.

Sans suite. Alors j’ai vogué,

Au travers de notre univers,

Soufflé le sable des dunes.

 

J’ai vécu d’étranges illusions

A me perdre,

A ne plus me trouver moi-même.

A me perdre,

J’ai vécu d’étranges illusions.

 

Victime de magie,

Mes visions d’utopie d’enfant.

Mon réalisme d’adulte naissant,

Victime de poésie.

 

Je ne laisse que des mots et ce qu’ils sont,

Et ce qu’ils me sont me laisse sans mots.

Je ne vis que par passion,

Je ne vis qu’à force de trouver des mots.

 

Ma sensibilité exacerbée,

Rarement dévoilée,

Souvent camouflée,

M’offre l’indestructibilité.

 

Je ne sais que lutter

Pour rester vrai,

Courir pour mieux marcher,

Reculer pour mieux regarder,

Sauter pour mieux tomber,

Chuter pour mieux recommencer.
 

Tu le sais,

Je ne sais que m’éloigner

Pour ne pas pleurer,

Te blesser, à contre cœur tu sais,

Pour te forcer à l’accepter,

Te forcer à me détester.

Ainsi peut-être m’éviter

Une blessante et heureuse amitié.

On ne m’a appris qu’à aimer,

Même si ce n’est que mal…

 

J’ai tiré des traits déroutés, courbés, ratés.

La peur de vouloir être celui que je ne suis pas,

Que je ne serais pas puisque c’est un autre que moi.

La peur de devenir celui que je ne veux pas

La volonté d’être celui que tu connaissais,

Mais plus jamais je ne le serais.

 

Ma timidité a du plomb dans l’aile,

J’respire au jour le jour,

Ressens selon la direction du vent,

J’entends mieux qu’avant.

J’avance tant qu’il en est temps.

Pas de regrets mais j’aurai préféré

Que bien des choses soient différentes.

 

Cette nuit je ne dors pas,

Cette nuit je pense à toi.

Vois-Tu ? Quand ça ne va pas,

Je ne saurai pourquoi…

 

Un besoin de nostalgie,

Une envie de dire que rien ne s’oublie,

Que je souris,

Que je pourrais en une phrase simplifier,

Seulement en toute complicité

Les paroles ont leurs limites

Tandis que d’un regard un sourire…

Fermes les yeux, ouvres-les, reçois cette fleur,

Cette rose.

Par Abyss - Publié dans : Slam - Communauté : Passion Slam
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