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Mercredi 24 juin 2009 3 24 /06 /2009 02:11
Les propos du client l'étourdisse,
Donc dans ses rêves le barman glisse.
Et les odeurs, les bruits alentours juste s'y immiscent.
Un drôle de dérapage ou on a juste le temps de compter jusque dix,
Ou comme un grand père qui n'a d'yeux que pour son petit fils.
Parce que pour lui jongler avec des bouteilles
Derrière un comptoir en feu ne lui vaut plus merveille.
Son regard ne se perd que vers les danseuses qu'il admire chaque soir,
A ses clients il ne cesse de servir à boire
Or, ce sont les pas des belles qu'il ne cesse de boire.
Pourtant, au fond de lui il a ce mal de croire
Qui lui fixe tant de limite.
Mais au plus profond de lui, tous les soirs,
Le sourire de la meneuse de revue l'habite.
Il la suit de loin terré dans l'ombre.
De tous ses efforts il pourrait se dire le témoin.
Seulement, il reste si discret dans ce monde,
Qui lui est si proche, et si lointain;
Lui qui ne demande que de monter sur scène pour danser;
Passe souvent pour un moins que rien,
Admet même de passer pour un crétin,
Car pour lui son quart de seconde quotidien de rêveur
N'est pas vain.
Et ses idées valses et tangue haut dans sa tête,
Et son imagination n'accepte pas qu'il arrête.
Alors tout à coup il se retrouve sur la piste
Il rêve éveillé et n'en n'est que moins triste.
Elle l'entraîne dans un tango endiablé;
Il n'a jamais été aussi à l'aise sur ses pieds!
Il aide alors sa partenaire à se cambrer vers l'arrière;
Et lorsqu'il se trouve prêt à l'embrasser...
Son client dont le verre de vodka viens de se vider
Le ramène à la réalité,
"Hey, arrêtez de rêver, le même vous me remettez".

Abyss.
Par Abyss - Publié dans : Slam - Communauté : Poèmes d'aujourd'hui
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Mercredi 24 juin 2009 3 24 /06 /2009 02:27
Jeune la maladie t’avait affaiblit,
Ta voix, volée par trachéotomie.
Je ne l’ai toujours perçue que dans son ton monocorde,
Ce son criard, rauque et tremblant dans le souffle d’une seule corde.
Le cancer te laissa jouer ton rôle de père,
Mais revint plus tard sans aucune miséricorde pour celui de grand père.
Voilà plusieurs années déjà que tu es parti,
Encore petit, c’est l’enterrement finit que j’en fus averti.
Choix parental m’empêchant de voir ce qu’est la dureté de la vie,
Alors, alors mes larmes et ma peine se sont enfouies,
Sauf, Sauf ces nuits ou elles dégoulinèrent dans mon lit.
Aujourd’hui elles ont séchées laissant place à une certaine mélancolie,
Car aujourd’hui me manque aussi la force lorsqu’il s’agit d’aller sur ta tombe.
Le peu de souvenirs me restants, j’ai peur de les ternir de cette ombre.
Peut être ai-je tord, peut être ai-je tord…
Or, je me dis que ce n’est pas qu’un manque d’envie,
Je n’ai pas besoin d’y aller pour ne pas t’oublier,
Pour te parler, pour imaginer tes sages conseils vermeilles.
Inutile d’ajouter que j’aurai voulu te connaître davantage…
Alors dans les nuages je regarde ton sourire le regard attiré par le ciel.
En mon âme, en mon cœur je nous invente de nouveaux moments forts,
J’griffonne ces quelques pages en guise d’hommage contrant dès lors une tonalité d’orage,
Mettant de côté le simple fait que tu ne sois plus présent,
En mon cœur tu es toujours vivant.
Je me complais à dire que mon amour du musical
Me vient des gènes sans aucun mal
Il me plais à l’écrire,
Je suis tombé sur ce vieil enregistrement, cette cassette,
Dessus, une voix grave d’un homme que je ne suis pas censé connaître.
« Grand-mère, qui es ce chanteur ? »
Elle se concentre et me répond en souriant :
« ton grand père mon enfant »
J’en restai estomaqué au point que j’en perdis le fil des paroles
Au profit des ondes sinusoïdales de ton empreinte vocale !
Comme toi je suis une sorte de porte parole inconnu,
Que tu sois mon ange gardien du dessus.

Abyss.
Par Abyss - Publié dans : Slam - Communauté : Poèmes d'aujourd'hui
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Vendredi 26 juin 2009 5 26 /06 /2009 23:37

Je dépose mon stylo sur le bureau,

J’finis mon verre d’eau.

J’ai laissé une lettre pour ma femme,

En espérant qu’elle ne la lira pas devant les enfants.

Mon métier a transformé notre vie en drame.

Quel beau métier celui d’éducateur sportif.

Ma vocation, les gosses des autres…

Comme les préjugés rendent les gens jaloux maladifs.

Pour les gamins j’suis une sorte de grand frère, un pote.

J’ai fait l’erreur, par pudeur du regard des autres

D’fermer la porte d’l’infirmerie pour soigner des égratignures.

J’n’ai pas commis la moindre erreur en fait.

L’enfant va bien. En réalité, il n’avait rien,

J’ai ni plus ni moins qu’arrêter les saignements et désinfecter le bras d’l’enfant.

Les parents, eux ne me portaient que peu dans leur cœur.

Mais surtout c’est leur banquier qui les portait très peu dans le sien.

Ils m’ont trainé dans la boue, amenés les gens à croire que je puisse être la pire ordure.

Ils ont retourné, détourné la cervelle de leur petit de dix ans.

Ils lui ont fait dire à tous des choses que lui-même ne comprenait pas.

Ils m’ont rendu fou, je ne dors plus, j’arrive presque à croire leurs mensonges.

Au bas de ma lettre est écrit : « je préfère mourir en innocent

Que l’on m’enferme en coupable… »

 

C’est ainsi qu’une femme a retrouvée en rentrant,

Le corps sans vie de son mari un revolver dans la main.

Une famille a été détruite pour de l’argent, mais pas seulement.

10 ans passèrent, le petit a retrouvé à l’aube de ses 20 ans la femme de son l’éducateur.

Il a demandé le pardon auprès d’elle, de ses enfants…

« On m’a forcé à être un horrible menteur.

J’avais peur de dire la vérité, votre mari était innocent… »

 

Pardonné, un jeune de 20 ans a mis fin à ses jours.

Qui a le droit de jouer avec la vie en accusant de pédophilie ?

Abyss.
Par Abyss - Publié dans : Slam - Communauté : Poèmes d'aujourd'hui
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